Chronique 9 : Le digne fils d’Ida
Comme pour un individu, le parcours d’une entreprise est jalonné de rencontres et d’étapes décisives. Dans les années 1960, grâce à son courtier Anastase Brault, Lassonde décroche un contrat pour la grande chaîne de magasins d’alimentation Steinberg : la production de ses conserves de petites fèves jaunes et vertes de marque privée. Mais pas n’importe quels haricots ! Les meilleurs, rien de moins ! Car, avec le contrat, viennent un cahier de charge et des normes précises. Tout passe par le laboratoire avant d’être expédié dans les magasins et un contrôleur de la qualité forme même les fournisseurs.
Épicier exigeant, Sam Steinberg s’impose en véritable précurseur du contrôle de la qualité dans l’industrie de l’alimentation au Québec. Et cette exigence guidera Lassonde pour la suite de ses opérations.
Comme Aristide Lassonde et Anastase Brault, Sam Steinberg est un visionnaire. Son sens des affaires, il le développe à 15 ans alors qu’il ouvre une deuxième épicerie. Et son souci de la qualité et du service à la clientèle, c’est à sa mère qu’il le doit.
Juive hongroise d’origine, Ida Steinberg se retrouve bientôt seule avec six enfants à faire vivre. Elle ouvre alors une épicerie qui attire rapidement les clients. Son commerce fleurit même pendant la crise économique. Le secret d’Ida ? Le biscuit, offert gracieusement, ajouté à la commande acceptée à crédit. La pomme glissée dans le sac juste avant la livraison à domicile. Sam fait sien le credo de sa mère : un service hors pair et des produits de qualité vendus à bas prix grâce, entre autres, au libre-service qu’il introduit au Québec dès les années 1930.
Prochaine chronique : Un soutien déterminant
Sam Steinberg, 1940
