Chronique 7 : La prédiction de M. Grisé
Dans un reportage tiré des archives de Lassonde paru vers la fin des années 1950, on aperçoit des groupes d’employés à l’ouvrage. Elles ont le sourire aux lèvres ces travailleuses à la table de vérification et de pelage des tomates ou de sélection des fèves, et pas seulement pour la photo. « Avec mes compagnes, on avait ben de l’agrément à l’usine », confiait Mme Marie-Jeanne Beauregard, une des plus anciennes employées, lors d’une entrevue.
D’autres photos montrent des ouvriers en train d’opérer les autoclaves et, surtout, les toutes récentes sertisseuses automatiques. D’une décennie à l’autre, en effet, Lassonde s’éloigne des méthodes artisanales de ses débuts. Tout se faisait alors à la main avec un outillage comparable à celui des ménagères. Mais Aristide Lassonde suit les conseils de M. Grisé. En visite à l’usine en 1921, ce fonctionnaire du ministère provincial de l’agriculture constate vite que les affaires vont bien. Il encourage Aristide à remplacer graduellement sa machinerie en lui prédisant un brillant avenir. Les autoclaves remplacent bientôt les petites bouilloires chauffées par-dessous et les sertisseuses à main par des machines semi-automatiques qui, vers 1935, font de nouveau place à des appareils complètements automatiques. Avec la guerre qui se profile à l’horizon, la conserverie est fin prête à participer au ravitaillement des troupes canadiennes.
Aujourd’hui, cette « modernisation » fait sourire. À l’époque, elle représente déjà un pas vers la recherche d’équipements novateurs pour la production et la mise en boîte de ses produits.
Prochaine chronique : R comme Rougemont…



