Chronique 5 : La toute première étiquette
Ça y est ! La « cannerie », comme on le disait alors, ouvre ses portes à Rougemont en 1918. Tomates, puis haricots récoltés par les producteurs du coin y sont mis en conserve. Ce qui sera en fait le coeur des activités commerciales de Lassonde jusqu’en 1959. Mais elle n’est certes pas la seule conserverie à offrir ses produits. Comment Aristide Lassonde peutil mieux inciter les mères de famille à choisir sa « canne » de tomates plutôt que celle d’une autre conserverie ?
L’étiquette devient alors un outil de mise en marché essentiel. À cette époque, la photographie couleur n’existe pas, mais une tomate en noir et blanc ne fera sûrement pas saliver la ménagère ! Que faire pour capter l’oeil, solliciter les sens ? Les imprimeurs commerciaux font appel aux illustrateurs. Depuis la fin du 19e siècle, l’illustration publicitaire connaît son âge d’or; des noms célèbres y sont associés, dont le peintre Toulouse-Lautrec. On dessine de tout : affiches de spectacles ou de recrutement pour l’armée, couvertures de magazine – Norman Rockwell a illustré celle du Saturday Evening Post pendant presque cinquante ans –, annonces de voyage, emballages de produits variés.
Aristide Lassonde fait donc affaire avec le vendeur ambulant d’un imprimeur commercial. Et Montreal Lithographing Co. Ltd. imprime par milliers la belle tomate rouge de la marque Rougemont, première marque officielle de A.Lassonde.
Prochaine chronique : Un certain Anastase…
