Chronique 25 : Une décision déterminante
14 mai 1987, 8 h 30. La haute direction de Lassonde peine à maîtriser sa fébrilité. Le moment est significatif, le lieu de cette réunion extraordinaire aussi. Rendez-vous est donné à la Bourse de Montréal (aujourd’hui fusionnée, avec celle de Toronto, au sein du Groupe TMX). Lassonde s’inscrit en Bourse.
La compagnie de Rougemont emboîte ainsi le mouvement amorcé avec la création du Régime d’épargne action du Québec en 1979. Cette mesure vise à accroître le capital de risques des entreprises québécoises tout en permettant aux contribuables de déduire de leurs impôts les sommes investies dans des actions de ces sociétés. L’investissement au Québec devient donc très attrayant. Individus et compagnies en profitent.
La vente d’un petit pourcentage de ses actions permet à Lassonde d’obtenir les millions nécessaires à réduire la dette investie dans ses immobilisations, élargir sa gamme de produits, augmenter sa capacité de production et maintenir ses installations à la fine pointe de la technologie. Plusieurs employés se portent acquéreurs d’actions. Et la famille Lassonde demeure néanmoins actionnaire majoritaire de l’héritage d’Aristide.
En outre, cette décision mûrement réfléchie apporte à Lassonde une plus grande notoriété. « Aussitôt qu’une entreprise allait publique, elle devenait plus connue, les médias s’y intéressaient », se rappelle René Délisle, alors conseiller de la firme aujourd’hui appelée Deloitte Canada. Les règles des sociétés inscrites en Bourse imposent aussi un encadrement plus serré, ce qui permet à l’entreprise de mieux se structurer.
Une décision somme toute profitable à bien des égards pour l’entreprise dont l’essor ira toujours croissant dans les décennies suivantes.
Prochaine chronique : Se « fruiter » le bec…


