Chronique 20 : Une touche très frenchie
L’adage populaire l’affirme : l’histoire se répète. C’est sans doute ce que le directeur général de A. Lassonde, Jean-Paul Barré, se dit de nouveau en raccrochant le téléphone. Des années après l’appel de l’ex-fondateur des Breuvages Montclair, voilà que le propriétaire des Produits Ronald s’adresse aussi à Lassonde. La conserverie de Saint‑Damase, un village à une dizaine de kilomètres de Rougemont, est au bord de la faillite. L’occasion peut s’avérer intéressante, et Lassonde rachète la dette du petit producteur de légumes. Spécialités Lassonde, telle qu’elle sera renommée plus tard, est née.
La nouvelle filiale de Lassonde se lance d’abord dans un créneau très ciblé. En Amérique du Nord, le maïs bouilli dans de grandes marmites, salé et enrobé de beurre, est la vedette de l’incontournable party de blé d’Inde estival. Le maïs sucré sur épi vendu en conserve, lui, fait fureur chez les Scandinaves. Les Finlandais, en particulier, en raffolent, comme en font foi les ventes.
Quelques années plus tard, le chef adjoint d’un grand hôtel de Québec contacte la direction de Lassonde. Son objectif : faire mettre en conserve sa propre recette de bouillon à fondue chinoise afin de la vendre aux restaurateurs de la capitale nationale. Lassonde lui propose plutôt d’acheter sa recette et l’entente se conclut.
Au tournant des années 1980, le bouillon à fondue chinoise Canton est lancé bientôt suivi par une première gamme de sauces – chinoise, orientale et bourguignonne. Succès phénoménal au Québec! Le plaisir des longues soirées autour d’une table hérité de nos ancêtres français, sans doute! Un plaisir très latin que les Canadiens-Anglais et les Américains découvrent plus tardivement. Les goûts sont aussi culturels, avons-nous déjà dit!
Prochaine chronique : Dans le verger…
